samedi 27 mars 2010

Label rose Bousillon et Merdouillette



(franchement pas la peine de la repasser !)




On ne sait pas pourquoi, certaines fois, tout va de travers... On a l'image de la robe qu'on veut faire, on pense savoir comment y arriver et puis... c'est le fiasco total, le bousillon de la loose !
Les biais qui doivent apparaître sur les bords d'emmanchures sont trop étroits, du coup, gros bidouillage parce que grosse flemme de tout démonter... Boutonnières qui foirent, du coup, grosses marques sur le tissu... Robe trop large donc rabiotage qui lui donne une forme de poire... un devant qui se retrouve trop étroit, du coup on met la robe devant-derrière et on se retrouve avec une encolure inversée... Petits plis pas équidistants... Gros mots qui fusent... Robe qui manque se retrouver à la poubelle... Mais deux compensations : les boutons vont bien avec le faux Liberty et le Label "Peut mieux faire" trouve toute son essence et sa légitimité... (on admirera le soin particulier apporté à la couture de l'étiquette !)
Et puis c'est pas mal d'avoir quelques piqûres de rappel de temps en temps... N'est pas Coco Chanel qui veut !



C'est pas la peine de me regarder comme ça !

jeudi 25 mars 2010

Lame vagabonde





Il portait des pantalons en toile épaisse avec de nombreuses poches un peu partout, des endroits que lui seul pouvait explorer en y plongeant la main qui savait quel trésor y trouver. Il avait la peau tannée et de larges fossettes qui dessinaient des parenthèses autour de sa bouche. J'ai longtemps cru qu'il avait joué des rôles de cow boy dans les westerns que je voyais parfois lors des émissions "la dernière séance". Il ressemblait à Kirk Douglas et sa démarche pouvait laisser penser qu'il avait chevauché pendant des années. Il portait toujours une casquette, qu'il n'enlevait que pour se recoiffer ou pour saluer les gens qu'il croisait. Tout le monde le connaissait et sa maison était toujours ouverte. Il n'était pas rare de voir la porte s'ouvrir sans que personne n'ait pris la peine de frapper, pas plus qu'il ne précisait "Entre !". La table était grande et les chaises nombreuses, alors ceux qui prenaient place naturellement dans la cuisine et dans les conversations. J'aimais les entendre parler de politique parce que je savais que les voix se feraient plus fortes, les verbes plus hauts, les mots plus gros. Il semblait si sûr de ce qu'il avançait que je lui donnais raison sans même savoir de quoi il retournait vraiment. Peu m'importait, j'étais à ma place dans cette maison, perchée sur le tabouret-escabeau, jamais très loin du setter irlandais qui s'allongeait à ses pieds sous la table en chêne... Avec lui, j'ai découvert le parfum de la paille coupée, le rythme des moissons, le goût du kéfir et celui de l'effort. J'aimais monter à côté de lui sur son tracteur ou sur ses genoux pour pouvoir tourner le volant avec la sensation de puissance que donnent la hauteur et le bruit tonitruant du moteur. Avec lui, j'ai appris les saisons, l'odeur du foin et celui du purin, la levée des oeufs encore chauds et le goût du lait mousseux qui sort du pis. Je ressens encore ce picotement sur ma peau dû aux griffures des éteules lors des moisson, quand j'avais cette sensation d'être tellement utile en réunissant quelques bottes dans un coin d'un champ immense pour me faire une cabane en attendant le passage de la remorque. Les goûters étaient copieux et j'entends encore le son métallique de la boîte en fer qu'il ouvrait pour en sortir toutes les tablettes de chocolat en me disant "mange, la gamine !". Il n'y avait que chez lui que je mangeais du chocolat au lait enveloppé dans le papier mauve. Il n'y avait que chez lui que je buvais du kéfir, sans savoir si j'aimais vraiment, mais il me semblait que je ne devais pas être faible ni même montrer des goûts différents au risque de le décevoir. Il avait des rituels et des habitudes. Il avait, dans une de ses poches, un couteau qui ne le quittait jamais. J'imagine qu'il avait pris l'habitude inconsciente de le poser chaque soir sur sa table de nuit et de le glisser chaque matin dans son pantalon, aussi machinalement qu'il serrait le bracelet de sa montre. Je n'ai jamais vu personne emprunter son couteau, celui duquel il repliait la lame avec la paume dans un geste sûr, après avoir coupé le saucisson, piqué son morceau de fromage et tranché le pain de campagne posé contre sa poitrine et amenant la lame vers lui... Quand il avait fini de s'en servir, il frottait l'acier contre le tissu qui recouvrait sa cuisse et il le glissait dans sa poche avec le soin réservé aux indispensables. Il lui arrivait de cueillir des fleurs mais plus souvent des salades dans son potager, de curer ses ongles et de tailler des morceaux de bois tout en discutant de sujets qui n'étaient jamais lui-même...
Je ne sais ce qu'est devenu ce couteau. J'aurais aimé l'avoir, je crois. Peut-être est-il allé à son fils ou bien est-il rangé dans un tiroir à souvenirs. Ce que je sais, c'est qu'en le perdant lui j'ai eu la certitude de perdre une partie de mon enfance... Cet après-midi, en cousant un étui pour le petit Opinel avec les tissus choisis par le propriétaire, ce sont toutes ces images qui se sont imposées à moi. Mon fils avait trois ans quand il l'a vu pour la dernière fois ; il se souvient de ce grand oncle qui ne pouvait respirer que grâce à un tuyau ; il se souvient aussi qu'il l'avait appelé "mon lapin" et il avait dû sentir que venant d'un homme de la terre, d'un homme de cette trempe, c'était comme une déclaration d'amour. Moi, j'étais ce que j'avais toujours été "la sacrée gamine", celle a qui il serrait les deux bras en guise d'au revoir avec ses deux mains épaisses et douloureuses, cognant parfois son front contre le mien en se forçant à sourire...
Mon fils a son premier petit couteau, celui qu'il n'oublie pas de ranger, celui dont il prend soin, se souvenant des recommandations de la vendeuse. Il l'examine et s'inquiète des petites taches sur l'acier, me gronde quand je mouille la lame. Il ne coupe sa viande qu'avec lui et rêve déjà des bâtons qu'il sculptera cet été. Il a son premier couteau, celui qui ne s'oublie pas et qui, parfois, toute une vie durant, reste au fond des poches, passant de pantalon en pantalon, d'année en année, comme un compagnon fidèle qui peut raconter une vie entière...

mardi 23 mars 2010

La Halte psy du mardi

Intéressons-nous un peu à la santé mentale des enfants de Colchique. On sait que leur mère est gravement atteinte, qu'elle quitte la table pour voir si elle a des mails, qu'elle s'est fait greffer un appareil photo pour ne manquer aucune étape de sa couture... mais qu'en est-il de ses enfants ?
Ils vont bien, merci. Ils dorment profondément, mangent sainement (Bio, c'est mieux, mais on n'est pas tous égaux au niveau de la finance et des légumes), travaillent bien en classe. Le matin, ils se lèvent, déjeunent avec le sourire, se préparent sans histoire, s'habillent (toujours la classe hein, la cravate bien assortie, jamais de violet sans une touche de rouille, jamais de rayures sans un bon gros pois !) et filent prendre la pose devant le mur qu'on leur a attribué, rapportent une foule de "Peut mieux faire "pour pas écraser leur Manman. Ils ont un esprit curieux et imaginatif, une âme poète, toujours en action. C'est un bonheur quotidien, un éclat de rire permanent, une fierté sans nom... Doués pour les mots et la musique, ils ont offert à leur Manman la plus belle des surprises...
Oui, Mesdames et Monsieur, les enfants de la Colchique vont bien. La preuve en image...



"Colique dans les prés", bientôt dans les bacs...

samedi 20 mars 2010

Gros pois et petite puce

- Titou, tu veux que je te couse une robe ?
- Oui, une robe qui tourne !!
- euh... je n'ai pas beaucoup de temps... tu ne préfères pas une petite robe avec des poches comme celle de ta soeur ?
- oui, noire, tout pareil...
- euh... c'est un peu triste le noir pour toi, tu ne trouves pas ? et puis c'est dommage de s'habiller pareil ! tiens, choisis un tissu !
- celui-là !!!
- euh... ils sont un peu gros les pois, non ? tu n'en veux pas des plus petits ? regarde, il y a du gris, du rose, du framboise, du prune...
- non, c'est celui-là que je veux !
(la grande : moi aussi !! elle va tout prendre ! je l'aime trop celui-là !!)
- bon, d'accord, on y va pour les gros pois... (oui, je suis à fond pour la paix entre soeurs !)


- elle te plaît ?

- ouiiii !!!
- Finalement, ça te va bien !
- J'te l'avais dit !



En plus, il paraît qu'elle tourne...

vendredi 19 mars 2010

Besace de printemps






Toujours le même principe :
choix des tissus, du nombre de poches, des dimensions...

Après une bleu marine pour l'hiver,
la petite dame a voulu du lin framboise
(la véritable couleur ne ressort pas vraiment !)
avec plein de poches, petites et grandes,
à l'intérieur et à l'extérieur !



Pour l'appliqué, j'avais pensé à une tête de mort ou de maure, un bousier, un dindon, un cochon... mais, n'arrivant pas à me décider et ne voulant attirer sur moi la foudre divine en choisissant la bête à bon Dieu, j'ai créé "la libellule"... Vous pourrez sans doute en voir cet été. Sachez qu'elles sont mon oeuvre personnelle... Tout comme la jolie fleur qui porte mon nom !
Oui mesdames et monsieur, Colchique est complètement barrée ! et n'hésitez pas à le dire, c'est le plus beau compliment qui soit !

Et qu'est-ce qu'on dit pour la musique qui démarre toute seule, cette putain de musique qui réveille tes gosses quand t'as pas coupé le son ou qui fait sursauter tes collègues, parce que tu blogues au boulot et que tu continues de perdre ton temps à surfer chez toi ??!!
on dit Merci Colchique !!

Allez, on se prend tous la main et on fait une grande ronde en chantant ! ouais ! Bonpoint a sorti sa collection de printemps, c'est le bonheur ! J'suis comme une balle ! ça me met les hormones en total liberty ! J'vais pouvoir copier !! héhé !

mercredi 17 mars 2010

Tuto de la combinette pour poupée


Avant de commencer, faites un essaie de smocks sur une chute du tissu que vous avez choisi pour voir si celui-ci fronce bien. Bien tendre le fil élastique dans la canette et coudre à points larges.


Mesurer la poupée au niveau de la poitrine et multiplier par 3,5 ou 4 environ pour avoir la largeur du tissu à couper. Pour la longueur, mesurer des épaules aux chevilles.
Coudre un côté.



Replier un des bords sur 5 mm, appliquer au fer (accessoire indispensable pour un travail soigné !) et plier de nouveau pour faire un petit revers. Coudre.


Poser la pièce, couture sur un côté. Déterminer le milieu.


Mesurer la hauteur poitrine/entrejambe et marquer l'emplacement sur le tissu. Fendre l'entrejambe et découper un arrondi en enlevant environ un cm de chaque côté de la fente.


Coudre l'entrejambe.



Faire un petit ourlet et smocker à la machine le bas des jambes.



Faire quelques rangées de smocks en commençant par le haut, le plus près possible du revers mais sans empiéter sur celui-là qui ne froncera pas correctement du fait de son épaisseur.


Coudre 4 petits liens ou rubans au niveau des épaules... et voilà !



mardi 16 mars 2010

T'as l'étiquette chic, t'as l'étiquette choc !





(encore merci maman chérie, pour cette frange si jolie !)

Résultat du conseil de classe...

- Élève Colchique !


- Euh, oui maîtresse...


- Il paraît que vous perdez souvent le fil des explications, que vous froncez les sourcils... Je vous rappelle qu'il ne faut pas smocker de ses camarades ! Vous ne vous tenez pas à carreaux et vous allez trop souvent au piqué... Vous ne méritez pas de Bonpoint ! Quand on vous demande de parler d'un sujet, vous vous mettez à broder ; vous biaisez mes questions... (Restez polie Esther !) Avec vous, c'est pas coton ! Nous sommes au bout du rouleau. Vous savez, votre bobine ne revient pas à tout le monde. Vous n'avez pas le prix de la camaraderie... Loin de moi l'idée de vous coller à vie une étiquette, une marque indélébile, mais vous me copierez quand même cinquante fois l'appréciation de votre livret de notes !



Merci Maîtresse Crapouille ! déjà que j'aimais pas coudre les étiquettes sur les vêtements de mes enfants, maintenant, il faut que je pense à ajouter ça à mes brouillons de bidouille !
Si je te dis que je n'aime pas les Vespas, tu m'en offres une ? ;)


Addendum d'Edith : ce n'est bien sûr pas Dame Crapouille qui a choisi ce qu'il fallait broder sur les étiquettes !

dimanche 14 mars 2010

Petits tissus de secours

Des chaussures, j'ai toujours préféré leurs boîtes, juste pour le plaisir d'imaginer ce que je pourrais ranger dedans. Il m'est arrivé souvent de sortir d'un magasin avec aux pieds ce que j'avais choisi pour remplacer ce qui était usé jusqu'à la semelle mais je crois n'avoir jamais laissé la boîte de cette paire neuve, celle qui sent encore le cuir et qui garde sur un de ses côtés la description, le dessin et le prix de ce qui faisait ses premiers pas sur une longue route... Je ne me prends pas à rêver devant les étalages de ballerines et d'escarpins. Je me sens perdue dans un magasin, entourée de tous ces pieds exposés, tournés dans le même sens dans un équilibre précaire. Je ne suis bien que nus pieds, quand je fais connaissance avec le sol qui m'accueille, quand rien ne me serre, quand rien ne me perche. J'aime l'été pour la légèreté de mes pas... Des parfums, j'ai toujours aimé les flacons plus que les fragrances, les gardant une fois vides, sans trop savoir pourquoi, sans chercher à contrer leur inutilité, appuyant parfois avec un secret espoir enfantin que du contenant vide il sortirait quelques vapeurs de ce qui n'était plus qu'un souvenir sur ma peau. Quand un ruban entourait la boîte, je le gardais aussi précieusement qu'un bouton trouvé par hasard, l'enroulant machinalement sur mon doigt avant de le ranger avec ses semblables... Des vêtements, j'ai les couleurs et la texture, l'idée de moi dans les étoffes, le rêve des occasions pour les porter, autant de petits songes qui se passent d'achat, qui s'abreuvent de courtes errances dans les rayons, juste pour le plaisir des yeux. Je me sens souvent noyée quand il y a trop de choses autour de moi, trop de bruit et trop de mouvements. Aller de boutique en boutique n'est un plaisir que si ce n'est pas pour moi, même si je dois me heurter au doute permanent suscité par le choix... Des beaux sacs, j'ai toujours aimé l'idée de la souplesse de leur cuir et de l'usage que je pourrais en faire. J'ai toujours rêvé d'avoir un beau sac de voyage qui ressemblerait aux anciennes sacoches de médecin, dans un cuir doux et robuste, dans les tons acajou. J'ai surtout aimé les rêves de voyage qu'il aurait pu accompagner et la façon dont j'aurais disposer mes affaires à l'intérieur, tout en savourant le cliquetis de la fermeture étrange placée sous la poignée... A l'agréable, j'ai toujours préféré l'utile, parce qu'il reste dans la conscience de mes gestes le souvenir de ces années de sécheresse où je savais mieux que quiconque le prix d'une demi-baguette et d'un litre de lait, où je savais au centime près ce qui garnissait mon porte-monnaie, où je savais que le luxe ne porte pas de grande marque sur les belles avenues, que c'est juste ce qu'on peut avoir en franchissant un pas minuscule qui éloigne de l'indispensable... Je sais résister sans peine, reposer ce qui me plaît en me disant que ce n'est pas raisonnable d'avoir deux sacs ou trois paires de chaussures, que j'ai déjà un pull noir et tant de vêtements oubliés à la base de la pile... J'ai longtemps pensé que j'étais un peu étrange autant qu'étrangère à celles qui revenaient, souriantes, après une journée passée à voler d'un magasin à un autre, toutes à la hâte de montrer leurs trouvailles. Ce plaisir m'était lointain... Je sais désormais cette petite voix que rien ne peut étouffer, cette ivresse de prendre vite, vite, l'objet convoité, cette peur de ne pas l'atteindre et de ne pas le faire sien. Je sais cet élan qui fait oublier la fatigue et les impératifs, poussant à courir loin de la maison qui garde mille choses à accomplir, pendre un puis deux puis trois métros, juste parce que j'ai entendu parler de petits pois, de fleurs et de lin. Je sais les pas pressés avec cette petite peur puérile de trouver porte close ou stock en rupture. Je sais ce plaisir tellement matériel, tellement innocent aussi, de poser sur mon bras gauche sans vraiment réfléchir des piles de coupons et tout autant d'envies de petites tenues légères comme le prix au mètre. Je sais l'ivresse de sentir la raison étrangère à tout ça, les deux petites voix intérieures qui se répondent et s'entrechoquent, l'une disant que c'est de la folie, que je n'aurais jamais assez d'une vie pour venir à bout de tous ces mètres de tissus, et l'autre répondant que c'est délicieux et que ce sont des projets bien pliés auxquels il faudra donner du relief, que ce n'est pas inutile, qu'il y en a aussi un peu pour des amies et que c'est aussi ainsi que les souvenirs s'écrivent, juste dans un petit imprimé qui marque une enfance, une petite robe unique qui grave un événement, qu'il faut bien une petite réserve, au cas où et qu'il ne faut jamais risquer de regretter d'avoir laissé passer sa chance comme on laisse glisser sa main sur les fibres mêlées...

vendredi 12 mars 2010

On joue à la marchande ?







Lancement du "Colchithon" :
sauvez Colchique qui a craqué
pour un tissu avec des étoiles !



Petit sac à anses, doublé en piqué blanc ou vichy noir et blanc,
dimensions : 27 x 31 cm

Prix : 7 €



Foulard carré,
dimensions : 48 x 48 cm,


Prix : 4,50 €


Un petit mail à cecile_barthelemy@yahoo.fr et le tour est joué !

mercredi 10 mars 2010

Trucs



La Colchique n'a pas inventé le fil à couper l'eau tiède, tout le monde le sait ! Elle est bourrée de défauts, on le sait aussi. Notamment celui de ne pas supporter les pantalons ou les manches trop longues, même sur les pyjamas. Alors, elle a un petit truc qui lui évite de faire des ourlets ou des revers sur les bords trop longs : un petit fil élastiqué (bien tendu) dans la canette, un fil assorti au tissu pour les points supérieurs (points espacés) et zou, en un tournemain voilà un bas de pyjama qui ne traînera pas par terre...
Bon évidemment, c'est pas très masculin ! Pour les garçons, je fais des ourlets... Maniaque, je vous dis !


Combinette


Un prototype de combi-bête pour une poupée...
Tuto et patron (avec des jambes plus longues)
en préparation...
(comme une bonne quinzaine d'autres choses... hum !)

mardi 9 mars 2010

Un total, des Totos


Je suis faible... mais c'est trop bon !
ma devise face aux coupons :
"besoin de rien, envie de toi !"
Moisson chez Toto à Boulogne (92),
tissus entre 3 et 5 € le mètre...
Yapluka ! (et c'est le plus difficile !)

samedi 6 mars 2010

Sauvé des maux



J'avais toujours eu envie de celui de ma soeur, sans doute parce que je le trouvais plus adapté à ma taille qu'à la sienne, sans doute parce qu'elle ne le faisait jamais rouler pour bercer ses poupées, sans doute aussi parce que le tissu de la parure était celle des rideaux de la chambre et que je trouvais ce détail délicieux, un petit tissu avec des fleurs et des rubans qui tournoyaient comme des anglaises et qui dessinaient des rayures dans les tons de bleu et de blanc... J'aimais le chant des roues sur le carrelage noir et blanc, j'aimais les grincements qui s'échappaient des promenades dans le couloir et le craquement de l'osier quand je posais ma poupée Douchka sur le petit matelas blanc. La poignée avait été cassée mais cela ne m'empêchais pas de le pousser et d'y mettre tous mes compagnons de jeu dedans, allant parfois jusqu'à le faire basculer. Pour moi, c'était l'image même du berceau que devaient avoir toutes les mamans du monde, un Moïse protecteur et en rondeur, avec une capote pour protéger la peau du bébé d'une lumière trop crue et des courants d'air. Je ne saurai jamais si c'est cette image qui m'a poussée à choisir pour mes petits ce Moïse à la parure de piqué blanc, celui qui grinçait en roulant, celui dont l'osier craquait quand je les y déposais, celui dans lequel ils ont dormi pendant de longs mois, sans doute bien au-delà de ce que la raison conseillait. Je crois qu'ils ont tous, aux alentours de leurs sept mois, une photo d'eux assis dans le berceau blanc, une prise de vue qui dit ma certitude de la page qui va bientôt se tourner, du lit à barreaux qui va entrer dans leur vie et de mon rêve de petite fille qui va rejoindre le grenier sombre...
Je n'avais pas de fille quand j'en ai acheté un, tout petit, réplique exacte de celui qui avait bercé les garçons, une sorte de pari sur la vie ou de pied-de-nez sur mon sort. Ce Moïse était nu mais en parfait état, avec la poignée et les arceaux de la capote. C'est ma mère qui l'avait habillé pour ma première petite, pour le Noël de ses deux ans. Il était à sa mesure et elle l'a immédiatement adopté. J'ai retrouvé le roulement un peu sec de ses passages sur le parquet et j'ai vu son plaisir à se pencher pour installer ses poupées dans la pénombre du vichy rose qui faisait paravent pour protéger à tour de rôle le sommeil de celles qui avaient toutes un prénom : Emilie, Hortense, Héloïse, Lucille... La vie m'avait fait gagner mon pari.
La cadette a grandi en voyant le berceau de sa soeur et j'ai souvent pensé qu'elle partageait à son égard les sentiments que j'avais nourris pour celui de mon aînée. Elle est souvent passée, ses petites mains bien serrées sur la poignée en osier, le drap rose avec la broderie bien remonté sur sa poupée ou sa souris. Plusieurs fois, j'avais eu envie de lui en offrir un, mais je n'en voulais pas un neuf. Je me rends compte que je me tourne de plus en plus vers le passé, boudant la nouveauté pour les objets poussiéreux riches d'un passé qu'ils garderont secrets mais auxquels je peux redonner vie. J'ai craqué pour une bercelonnette en fer forgé et j'ai oublié le Moïse en osier.
Et puis, le hasard a voulu qu'une dame généreuse qui, bien souvent, me donne des vêtements et des jouets, me confie un berceau à roulettes à rhabiller. Non, elle ne voulait pas attendre d'avoir des petits-enfants ; non, ses filles ne voulaient pas le garder ; non, je ne devais pas me sentir gênée... Alors, je suis repartie de son magnifique appartement avec ce petit trésor, portant sous mon bras l'envie de refaire sa parure, cherchant déjà quel tissu lui rendrait son âme. Je n'ai pas attendu longtemps pour découdre la jolie dentelle du tissu jauni. Je lui ai rendu sa blancheur d'antan et je me suis lancée pour de bon dans l'habillage. "Il faut lui changer sa robe" avait dit la petite impatiente, qui se retenait d'y toucher tant que je n'avais pas posé mon dernier petit point sur la parure à fixer.
Ce matin, au réveil, elle a trouvé son Moïse avec sa poupée habillée et cachée sous un petit édredon en lin couleur framboise. Les roues ne font pas de bruit, mais la capote protège bien ses "filles" confortablement installées. Les deux mains bien serrées sur la poignée en osier, elle écrit sans le savoir le cercle infini des petites filles qui rêvent d'être maman et qui, peut-être, coucheront un jour leur nouveau-né dans un Moïse à taille humaine, un berceau dont il aura fallu refaire la parure parce que celle d'origine aura jauni et vieilli, bien plus que l'osier et les arceaux qui retrouveront, pour quelques mois seulement, leur belle vie de petit nid des premiers mois, des premières nuits...



vendredi 5 mars 2010

Utile et Futile


Primo :
Vous avez été nombreuses à me demander comment blanchir le linge ancien... Après avoir demandé l'autorisation de Lacroix de Javel, voici ma recette 100 % improvisation :
- enlever d'abord les taches de rouille avec Rubigine (produit en vente dans les quincailleries, les vraies, celles qui sentent le cuivre et la peinture, le bois et le White spirit !)
- faire tremper le linge une nuit (plus facile avec des culottes de mémé qu'avec des draps, je vous le concède !) dans un mélange d'eau, d'eau de Javel, de jus de citron (aucune idée précise de l'efficacité de l'agrume, mais ça fait pas de mal, donc j'en mets toujours un peu !) et de lessive en poudre ou paillettes de savon de Marseille.

- mettre tout ça à laver le plus chaud possible (idéalement 60 ou 95 °) et faire un deuxième rinçage pour s'assurer qu'il ne reste pas d'eau de Javel. Normalement, ça marche !

Secondo :
Si vous ne voulez pas faire de folies, que vous n'aimez pas les jolies choses pas chères ni les filles sympas qui ont du goût, n'allez surtout ni ici :
http://www.carabas.kingeshop.com/accueil-caaaaaaaa.asp

ni là :
http://olivepia.canalblog.com/

Tertio :
J'aime les partageuses, celles qui la jouent pas perso et qui font pas de mystères... Alors, grand coup de chapeau à Mademoiselle Tournicote pour son tuto du nez de poupée que je viens d'expérimenter trois fois en rageant de ne pas y avoir pensé toute seule !

Quarto : Des tissus à pois fuschia, rose et gris pâle que je n'ose pas couper... Je sais, j'ai craqué, c'est mal mais ça fait du bien ! (tissus Reine, à 5 ou 6 €)

Et question subsidiaire :
Je cherche de la soie à moins de 20 € le mètre pour un des robes de cortège... Si vous avez des adresses...

mercredi 3 mars 2010

Lin pour l'autre


Le printemps arrive !
(on a même trouvé des petites tropéziennes argentées
à 16 € chez Monoprix !
Courez-y
vite, à ce prix-là elles vont filer !)
Pour continuer la garde-robe des filles,
Une petite robe dos-nu en lin et coton vichy noir...
Patron de chez Bidouille et Bricolette
Lin de chez Metexco à 5€ le mètre et vichy de chez Sonitis à 2,50 €
(adresses dans la colonne de droite...
Je vous précise que si vous ne trouvez rien qui vous plaît,
ce n'est pas ma faute et il est inutile
de me laisser un message anonyme pour me le dire !)
En gros, ça fait une petite robe à 3€...
Vivement que je solde !

Merci pour vos petits messages !
Si vous avez un coup de gueule réprimé,
un message à faire passer,
n'hésitez pas, je suis toujours prête
à ne jamais la mettre en veilleuse...



Crédit photo floue Colchique.
Non, non, il n'y a pas un bout du lien plus long...
c'est juste que j'ai mal mal fait le noeud !

lundi 1 mars 2010

Mise au Point du jour




(c'est énervant, hein, les musiques qui démarrent toutes seules, vous trouvez pas ?)

J'y pense depuis un petit moment et, réalisant que ces pages ont un an à quelques jours près, je m'offre un petit cadeau d'anniversaire, juste pour moi parce que mon blog n'étant qu'un blog, il se moque pas mal d'avoir son âge. Il n'aura donc pas de gâteau, pas d'ode à la nostalgie de ses débuts, pas de rétrospective des rencontres qu'il a permises. Il n'y aura pas non plus de tirage au sort mais c'est la première (ou le premier, sait-on jamais ??!!) qui laissera un commentaire qui m'offrira quelque chose (on verra qui lit !). Normal, non ? Que les centaines de sous-marins quotidiens restent sous l'eau s'ils en ont envie. Je n'attends rien. Qu'ils se servent dans les patrons et les tutos, sans dire ni bonjour ni merci, c'est là pour ça, en libre-service. Ici, il n'y a aucun devoir de politesse, pas de droits, pas de réserves. Si j'avais voulu tout garder pour moi, j'aurais choisi le privé, comme je l'ai fait pour mes mots qui ne regardent que moi et que je ne veux partager qu'avec mes proches, mes précieux, mes béquilles, mes véritables...

Un an ici, trois ans de blog cumulés et une furieuse envie de dire tout haut ce que je pense trop bas depuis longtemps. Ici, pas de Tag, pas de Swap, pas de listes de courses ni de mises en scène de macarons Ladurée. Pas de marques déguisées avec des étoiles à la place des voyelles : ici, Bonpoint, Bonton et leurs cousins seraient écrits en toutes lettres s'ils faisaient partie de nos armoires... Sauf qu'ici tout snobisme étalé est mal venu. Non, pas de marques, pas de Liberty pour faire comme la voisine. Mais oui, bien sûr, j'avoue, je m'inspire de certains modèles... On ne dit pas "copier", c'est pas beau, ça fait mauvais élève d'école primaire. Mais il faut bien l'avouer, aller en saut de puce d'un blog à un autre, c'est aussi glaner des idées, des envies et rares sont celles qui peuvent prétendre être la tête pensante unique d'une création.
Ici, la couture est un moyen de me faire plaisir et d'habiller les enfants pour pas trop cher, tout en perfectionnant la technique. Rien de plus. Il n'y aura jamais d'étiquettes sur les vêtements ou les sacs. Je reste dans l'artisanat, comme l'était ma grand-mère. Je suis quelqu'un de l'ombre qui ne cherche ni à être connu ni à connaître. Je ne bois pas de thé Mariage, je fuis les collectifs ; j'ai horreur des "Lol" et autres "mdr", des trucs qui sont des "tueries", des phrases avec des mots anglais ; je "kiffe pas ma life" tous les jours, je n'ai pas de coin beauté et me moque de savoir quelle est la 12ème photo de mon 75ème fichier ; mes poils se hérissent quand je lis "ma douce" ou "ma belle" ; je déteste les odes publiques à l'amitié, les photos des rencontres à l'appui histoire de bien montrer qu'on a vu "machine" et qu'on s'adore et les messages personnels mis bien en évidence ("on se call demain !" "thanks pour hier !"). La popularité relative monte bien vite à la tête au point de faire parfois perdre pied, surtout quand les détecteurs d'influence viennent s'en mêler. J'espère que Wikio m'ignore autant que je l'emmerde (ben oui, pas d'étoiles non plus dans les gros mots). Il ne faut pas oublier qu'on ne peut être partout, que les journées ne comptent que 24 heures et que répondre à tout le monde, encenser, féliciter, gâter, plaindre, encourager et faire rire se fait forcément au détriment de la vie de famille, la "real life" pour faire branchouille, celle où les enfants ont le réflexe de poser pour la photo du blog, celle où on étale bien la confiture maison et les cadeaux des copines et où les petits sont nettoyés de leur jus de framboise une fois que leur mère a immortalisé l'instant pour montrer combien elle est cool !
Désolée, ici, pas de rêves à offrir, de clichés auxquels je ne crois pas moi-même. Il m'arrive de me demander si j'aime toujours mon mari et même parfois de ne plus supporter mes enfants ("mes amours de mon coeur qui ont fait de moi une mère")
, oui je sais, c'est mal... A croire que je suis la seule... La maison n'est pas un extrait de Marie-Claire idées et les chambres sont en désordre. Il y a souvent des fils partout dans l'appartement. J'ai méprisé la surenchère des Happy Dolls et je remercie Pénélope des Happy to see ta tronche de n'avoir jamais répondu à mon message parce qu'elle m'a donné l'occasion de façonner moi-même les poupées pour mes filles. Ici, les poupées ne sont pas des princesses parce que les générations antérieures à la nôtre ont connu la faim et les vêtements taillés dans les chutes et que la débauche de luxe pour un snobisme en chiffon m'écoeure mais j'avoue admirer celles qui ont trouvé le temps de travailler autant pour des petites filles qui ne sont pas les leurs, mais qui ont certainement pris grand soin de ce qu'elles ont reçu, vivant dans un monde où tout est délicatesse et liberty... J'avoue : les poupées ici sont parfois nues et mal nourries, abandonnées au pied d'un lit ou enroulées dans un drap froissé... Une honte ! Pour de vrai, je ne m'appelle pas Colchique. Je ne cherchais pas de pseudo, mais celui-là s'est presque imposé, parce que j'aime le ridicule. Alors pourquoi pas Colchique ? A une époque, on m'appelait Jean-Claude, mais à force de porter un prénom d'homme, je suis devenue misogyne... Peut-être qu'un jour je serai Salopette ou Triple Buse, ça m'irait pas mal non plus... Je ne suis pas gentille et encore moins douce. Je déteste le jus de goyave et je m'apitoie rarement sur les malheurs étalés, les cancers des voisins et les deuils déchirants de la meilleure amie de la cousine Gertrude. Les mots ne sont que des mots et il est bien facile d'écrire des odes à l'amitié quand celle-ci n'a pas traversé l'écran froid du virtuel, ce monde où l'on ne donne à voir que ce que l'on choisit, mettant en scène la vie telle qu'on la rêverait, en cachant les toiles d'araignées, en taisant les malaises...
Je suis exigeante, intransigeante et je tiens à ma liberté. J'ai peu d'amis, mais ils sont vrais, ne supportant ni l'hypocrisie ni les faux-semblants et trouvant toujours le temps d'être là, d'une manière ou d'une autre, sans se trouver d'excuses. J'aime me dire qu'ils sont exigeants aussi et que si je fais partie de leur cercle restreint c'est parce qu'ils me trouvent quelques qualités. Les gentils permanents, les Gandhi ascendant Bisounours me laissent sceptique, parce qu'il me semble aussi impossible d'être aimé de tout le monde que d'aimer tout le monde...
Ainsi prend fin la mise à nu. Merci à ceux qui laissent des petits mots gentils, des encouragements. Merci à ceux qui n'ont pas écrit de commentaires désagréables. Et ne jamais oublier que le temps passé à bloguer est toujours du temps perdu...

Et pour celles que les mots gonflent, un peu de couture, pour ne pas s'éloigner du sujet d'ici...


Sac à ce qu'on veut



Sac à jouets (et à ce qu'on veut aussi !)


Sacs à chaussons de danse
(ou à Hot Dogs)


A la place des fleurs, je voulais mettre des étoiles mais j'ai eu peur que les Américains pensent que je les avais copiés...