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jeudi 3 février 2011
jeudi 5 août 2010
Petite personne
Elle est restée seule pendant plusieurs mois, sombrant même dans l'oubli total et me laissant la surprise de la retrouver sous le sac de laine vierge. Les autres s'en étaient allées découvrir leur vie et se faire adopter, s'imprégnant malgré elles de l'odeur de leur nouvelle maison. J'avais réussi à m'en séparer avec cet étonnement enfantin de l'oeuvre accomplie et dont je ne me lasse pas parce que la magie se répète chaque fois que mes mains donnent vie à ce qui n'était que matières à assembler.
J'avais oublié ce corps de poupée, gardée pourtant sciemment et précieusement au fond du carton de fournitures en pensant à cet anniversaire attendu depuis des mois. Adélie avait souhaité avoir une autre poupée, une blonde cette fois-ci, qu'elle pourrait coucher dans le berceau avec Eglantine. J'avais commandé la laine mohair, dans une teinte un peu plus soutenue que celle destinée à la poupée d'Ondine et j'avais été séduite par cette promesse de chevelure lumineuse. Il lui était arrivé de parler de cette poupée à venir et de changer d'avis sur la couleur des yeux et des tresses et je n'avais pas voulu entraver ses rêves encore flous. Je savais que, le moment venu, je saurais la convaincre d'un choix qui serait en accord avec mes fournitures.
J'ai refusé quelques commandes, faute de temps et me suis réjouie de savoir ce petit corps inanimé et encore bien caché qui attendait son heure, juste avec un sourire aux lèvres.
Quand je l'ai sortie de son carton, j'ai redécouvert l'arrondi de son visage et sa petite bouche brodée. J'ai ajouté un peu de laine pour accentuer ses joues que je voulais plus poupines et j'ai déroulé la laine toute douce qui deviendraient longues tresses. Mes mains ont retrouvé les gestes qu'elles n'avaient pas accomplis depuis plusieurs mois et j'ai vu le corps moelleux prendre vie doucement, le visage prendre forme, la poupée devenir elle. J'ai travaillé en cachette, pendant la sieste et une partie de la nuit, brodant les yeux bleus, dernière teinte évoquée avec le souhait.
Il fallait une tenue pour la jeune demoiselle, quelque chose de sobre qui aille avec le petit berceau blanc dans lequel elle sera couchée, quelque chose qui rappelle qu'elle n'a pas vraiment d'âge et qu'elle pourrait être un ange aussi bien qu'une poupée. J'ai retrouvé dans mes chutes un morceau de la culotte brodée de grand-mère qui était devenue petit pantalon et j'ai improvisé une robe légère avec un dos smocké pour qu'elle s'ajuste bien. Il n'était pas question que je me couche avant d'avoir pu l'admirer, habillée et coiffée, encore propre et les joues roses. Je l'ai tenue longtemps devant moi, arrangeant un peu ses cheveux, rectifiant les bretelles de sa robe, vérifiant son profil et le dessin de ses joues. J'ai vaporisé un peu du parfum d'Adélie sur cette petite poupée qui faisait tout doucement son entrée dans l'histoire après des mois d'attente et d'obscurité et puis je l'ai cachée, sous une pile de petites choses à faire dans le grand panier qu'aucune main à part les miennes ne vient fouiller. J'ai compté les jours qui nous séparent de la grande date, de ses quatre ans et de la découverte qui offrira un prénom à celle que je vais voir, de temps en temps mais toujours en cachette...



J'avais oublié ce corps de poupée, gardée pourtant sciemment et précieusement au fond du carton de fournitures en pensant à cet anniversaire attendu depuis des mois. Adélie avait souhaité avoir une autre poupée, une blonde cette fois-ci, qu'elle pourrait coucher dans le berceau avec Eglantine. J'avais commandé la laine mohair, dans une teinte un peu plus soutenue que celle destinée à la poupée d'Ondine et j'avais été séduite par cette promesse de chevelure lumineuse. Il lui était arrivé de parler de cette poupée à venir et de changer d'avis sur la couleur des yeux et des tresses et je n'avais pas voulu entraver ses rêves encore flous. Je savais que, le moment venu, je saurais la convaincre d'un choix qui serait en accord avec mes fournitures.
J'ai refusé quelques commandes, faute de temps et me suis réjouie de savoir ce petit corps inanimé et encore bien caché qui attendait son heure, juste avec un sourire aux lèvres.
Quand je l'ai sortie de son carton, j'ai redécouvert l'arrondi de son visage et sa petite bouche brodée. J'ai ajouté un peu de laine pour accentuer ses joues que je voulais plus poupines et j'ai déroulé la laine toute douce qui deviendraient longues tresses. Mes mains ont retrouvé les gestes qu'elles n'avaient pas accomplis depuis plusieurs mois et j'ai vu le corps moelleux prendre vie doucement, le visage prendre forme, la poupée devenir elle. J'ai travaillé en cachette, pendant la sieste et une partie de la nuit, brodant les yeux bleus, dernière teinte évoquée avec le souhait.
Il fallait une tenue pour la jeune demoiselle, quelque chose de sobre qui aille avec le petit berceau blanc dans lequel elle sera couchée, quelque chose qui rappelle qu'elle n'a pas vraiment d'âge et qu'elle pourrait être un ange aussi bien qu'une poupée. J'ai retrouvé dans mes chutes un morceau de la culotte brodée de grand-mère qui était devenue petit pantalon et j'ai improvisé une robe légère avec un dos smocké pour qu'elle s'ajuste bien. Il n'était pas question que je me couche avant d'avoir pu l'admirer, habillée et coiffée, encore propre et les joues roses. Je l'ai tenue longtemps devant moi, arrangeant un peu ses cheveux, rectifiant les bretelles de sa robe, vérifiant son profil et le dessin de ses joues. J'ai vaporisé un peu du parfum d'Adélie sur cette petite poupée qui faisait tout doucement son entrée dans l'histoire après des mois d'attente et d'obscurité et puis je l'ai cachée, sous une pile de petites choses à faire dans le grand panier qu'aucune main à part les miennes ne vient fouiller. J'ai compté les jours qui nous séparent de la grande date, de ses quatre ans et de la découverte qui offrira un prénom à celle que je vais voir, de temps en temps mais toujours en cachette...
vendredi 2 avril 2010
Pré-miss et préparatifs
Il était caché depuis des mois, depuis le début de l'automne. Je le savais là, contre le mur, derrière les vêtements de la penderie, derrière les rêves dessinés autour de son anniversaire à venir. Je les savais loin, si loin, cette fin de mars et ce début de printemps. Une fois de plus, j'ai voulu croire que l'urgence ne viendrait pas accélérer nos gestes et que la liste griffonnée dans mon petit carnet bleu suffirait à ranger les semaines dans un ordre qui nous laisserait le temps de travailler sans trembler, sans compter les heures... La semaine dernière, j'ai, pour la dernière fois, évoqué vaguement ce petit lit qui dormait depuis octobre. Il m'a fallu me rendre à l'explosive évidence : je ne pouvais pas m'en occuper, j'avais tellement d'autres nécessités. Alors, c'est celui qui n'aime pas trop bricoler qui a poncé la peinture un peu dorée et mal appliquée, bravant le retour du froid sur le balcon et la pluie parfois battante. De mon côté, j'ai réfléchi, j'ai hésité, à la teinte du matelas et celui de l'édredon. J'ai ressorti tous les morceaux de vieux draps que je garde précieusement sans savoir quoi en faire. Je savais que, pour ce petit lit, pour cette petite fille, je couperai le monogramme que ma mère a brodé avant qu'elle se marie, bien avant, le seul jamais réalisé sur lequel on peut lire les hésitations et quelques maladresses. Je voulais lui rendre la vie et recharger son âme au milieu des voix de petites filles qui jouent à la maman... J'ai vu le lit se déshabiller, le fer apparaître, la peinture se poser. Il a fallu ruser, cacher, anticiper sur les retours d'école, faire les sourds et jouer les muets face à la question redoutée "c'est quoi maman la chose mauve sur le balcon". Il a fallu faire diversion et feindre l'improbable étonnement, répondre "je ne sais pas" avec le plus grand naturel et passer à tout autre chose comme pour déposer un invisible drap sur ce qui avait été mal caché. Et puis, la veille, il n'était plus question d'ajourner une fois supplémentaire. Cette fois, les tissus étaient choisis et j'avais en tête le petit lit qu'elle découvrirait le lendemain, pour son anniversaire, pour ses sept ans, pour cette date qui la mettait en joie, passant bien au-dessus de tout ce qui aurait pu l'atteindre, comme si elle avait décidé que la vie ce jour-là serait plus belle et le ciel plus bleu. J'ai cousu le matelas en lin, puis l'édredon aux deux faces, l'une avec la libellule, l'autre avec le monogramme ; j'ai ajouté le petit oreiller et j'ai terminé par le voile de coton qui descend de la flèche vrillée. J'ai regretté de manquer de temps pour fignoler les détails et les raccords du biais en lin, me répétant qu'après tout, ce n'était que pour une poupée et puis me rappelant aussi que je ne verrais sans doute que les petits défauts pendant les années à venir, pendant la fin de son enfance où le petit lit trônerait dans sa chambre, avant de rejoindre un coin caché, contre le mur de la penderie derrière les vêtements, dans un coin de grenier ou au fond d'une cave. La poupée avait ses doux cheveux blonds et ses yeux noisette. Je l'ai installée sous l'édredon et j'ai souri en imaginant la surprise qui serait sienne en découvrant ce qu'elle n'aurait sans doute jamais imaginé. Je ne sais pourquoi, j'avais la certitude qu'elle serait heureuse. Moi qui doute si souvent, de tout, de moi, des cadeaux que je fais et des surprises que je réserve, cette fois, j'avais la conviction que ce qui attendait le retour de ma plus si petite la ravirait...




lundi 29 mars 2010
Bon vent et belle vie
Je les avais installées toutes les quatre, bien serrées, sur le panier à ouvrages derrière ma machine. L'une après l'autre, j'avais cherché les traits du visage, l'arrondi des joues et la place de la bouche, le contours des yeux et l'implantation de la chevelure. L'une après l'autre avait rejoint son petit promontoire, nue d'abord, en attendant que je choisisse la tenue qu'il fallait. J'avais pris l'habitude de me sentir observée et, en cédant au machinal, je leur lançais des regards réguliers, allant des yeux bleus aux noisettes en passant par les plus foncés qui, décidément, me rappelaient la frimousse de la petite à laquelle la poupée devait ressembler.
Les enfants avaient fait connaissance. Ils savaient mieux que moi que Violette était cette petite brune habillée de pois sur fond framboise et que Thaïs aurait la petite blonde habillée de bleu pour son anniversaire. Je crois avoir un peu traîné sur la fin des préparatifs. Je ne sentais que trop ce partage entre ce qui était convenu et ce que j'osais m'avouer : je m'étais attachée à ces petites poupées faites de rien ou de pas grand chose, d'un peu de jersey de coton et de pure laine vierge, de beaucoup de temps et autant de doutes. J'avais bien souvent eu peur de cette confiance qu'on m'accordait, moi qui ne vois que les défauts, et j'ai failli reculer face au devoir à accomplir. J'ai retrouvé cette angoisse de la copie à rendre et mon envie de céder à l'appel du chemin de traverse pour faire l'école buissonnière. Et puis, sur ma lancée, j'en ai ajouté deux à la petite, toute petite collection, deux poupées qui deviendront des cadeaux d'anniversaire pour mes propres filles, n'ayant pu résister à la déclaration de désir prononcée par celle qui va faire son entrée dans l'âge de raison, celle qui m'avait entendue frémir et soupirer, douter et remettre dix fois sur le métier cet ouvrage à tisser finement. "Ma pauvre maman, quand je pense que tu n'as même pas le temps de coudre des poupées pour TES filles"... J'ai regardé Églantine et Capucine, les toutes premières petites chiffonnées à qui j'avais donné un semblant d'âme et j'ai vu les progrès de mes mains. Il y a encore des détails à affiner, des techniques à peaufiner, et c'est sans doute cela qui me pousse et m'aspire, ce sentiment d'avoir encore à apprendre avant de pouvoir dire que je sais, cet élan qui cherche à faire naître du beau dans un morceau de rien...
Elles sont parties et ne reviendront pas. L'une après l'autre, je les ai glissées dans une boîte, après les avoir regardées une dernière fois avec un mélange de soulagement et de frisson. J'ai croisé leurs jambes, installé leurs bras et déposer une feuille de soie, un peu de moi, avant de poser le couvercle et de le coller généreusement pour assurer leur sécurité. J'ai empilé les boîtes, les unes au-dessus des autres et je suis partie avec ma toute petite qui avait une dernière fois récité les prénoms, des poupées ou des fillettes qui les découvriraient bientôt. J'ai regardé bêtement le mur derrière ma machine et je l'ai trouvé bien nu. Il me faudra m'habituer, elles ne sont plus là pour m'observer avec leur air doux et bienveillant... Pourvu qu'elles fassent de beaux rêves là où on les attend.
Les enfants avaient fait connaissance. Ils savaient mieux que moi que Violette était cette petite brune habillée de pois sur fond framboise et que Thaïs aurait la petite blonde habillée de bleu pour son anniversaire. Je crois avoir un peu traîné sur la fin des préparatifs. Je ne sentais que trop ce partage entre ce qui était convenu et ce que j'osais m'avouer : je m'étais attachée à ces petites poupées faites de rien ou de pas grand chose, d'un peu de jersey de coton et de pure laine vierge, de beaucoup de temps et autant de doutes. J'avais bien souvent eu peur de cette confiance qu'on m'accordait, moi qui ne vois que les défauts, et j'ai failli reculer face au devoir à accomplir. J'ai retrouvé cette angoisse de la copie à rendre et mon envie de céder à l'appel du chemin de traverse pour faire l'école buissonnière. Et puis, sur ma lancée, j'en ai ajouté deux à la petite, toute petite collection, deux poupées qui deviendront des cadeaux d'anniversaire pour mes propres filles, n'ayant pu résister à la déclaration de désir prononcée par celle qui va faire son entrée dans l'âge de raison, celle qui m'avait entendue frémir et soupirer, douter et remettre dix fois sur le métier cet ouvrage à tisser finement. "Ma pauvre maman, quand je pense que tu n'as même pas le temps de coudre des poupées pour TES filles"... J'ai regardé Églantine et Capucine, les toutes premières petites chiffonnées à qui j'avais donné un semblant d'âme et j'ai vu les progrès de mes mains. Il y a encore des détails à affiner, des techniques à peaufiner, et c'est sans doute cela qui me pousse et m'aspire, ce sentiment d'avoir encore à apprendre avant de pouvoir dire que je sais, cet élan qui cherche à faire naître du beau dans un morceau de rien...
Elles sont parties et ne reviendront pas. L'une après l'autre, je les ai glissées dans une boîte, après les avoir regardées une dernière fois avec un mélange de soulagement et de frisson. J'ai croisé leurs jambes, installé leurs bras et déposer une feuille de soie, un peu de moi, avant de poser le couvercle et de le coller généreusement pour assurer leur sécurité. J'ai empilé les boîtes, les unes au-dessus des autres et je suis partie avec ma toute petite qui avait une dernière fois récité les prénoms, des poupées ou des fillettes qui les découvriraient bientôt. J'ai regardé bêtement le mur derrière ma machine et je l'ai trouvé bien nu. Il me faudra m'habituer, elles ne sont plus là pour m'observer avec leur air doux et bienveillant... Pourvu qu'elles fassent de beaux rêves là où on les attend.
mercredi 17 mars 2010
Tuto de la combinette pour poupée
Avant de commencer, faites un essaie de smocks sur une chute du tissu que vous avez choisi pour voir si celui-ci fronce bien. Bien tendre le fil élastique dans la canette et coudre à points larges.
Mesurer la poupée au niveau de la poitrine et multiplier par 3,5 ou 4 environ pour avoir la largeur du tissu à couper. Pour la longueur, mesurer des épaules aux chevilles.
Coudre un côté.
Replier un des bords sur 5 mm, appliquer au fer (accessoire indispensable pour un travail soigné !) et plier de nouveau pour faire un petit revers. Coudre.
Poser la pièce, couture sur un côté. Déterminer le milieu.
Mesurer la hauteur poitrine/entrejambe et marquer l'emplacement sur le tissu. Fendre l'entrejambe et découper un arrondi en enlevant environ un cm de chaque côté de la fente.
Coudre l'entrejambe.
Faire un petit ourlet et smocker à la machine le bas des jambes.
Faire quelques rangées de smocks en commençant par le haut, le plus près possible du revers mais sans empiéter sur celui-là qui ne froncera pas correctement du fait de son épaisseur.
Coudre 4 petits liens ou rubans au niveau des épaules... et voilà !
mercredi 10 mars 2010
Combinette
Un prototype de combi-bête pour une poupée...
Tuto et patron (avec des jambes plus longues)
en préparation...
(comme une bonne quinzaine d'autres choses... hum !)
Tuto et patron (avec des jambes plus longues)
en préparation...
(comme une bonne quinzaine d'autres choses... hum !)
samedi 13 février 2010
Sur mes poupées (pas de cire, ni de chiffon !)
Pour assortir les mamans à leurs poupées...
Allez les filles, on enlève tout ça, c'est pas pour vous !
jeudi 11 février 2010
To be 3 (il en manque 2 pour faire les spice girls)
Il manquait leur petit sac brodé
pour partir là où elles sont attendues...
Belle vie les filles !
jeudi 4 février 2010
Mi-laine mi-coton
Elle était aussi grande que moi et je ne sais pourquoi elle s'appelait "la grande Cathy", ou peut-être "la Katouche". Mon souvenir est imprécis parce que je ne l'ai jamais vraiment adoptée. Pourtant, elle avait été conçue pour me ressembler. Elle avait deux longues tresses serrées par des rubans assortis à sa robe, taillée dans le même tissu que celle que j'avais portée pour le Noël de mes quatre ans, avec un grand col en dentelle. Elle avait les yeux verts et des bras presque plus longs que les miens, des sous-vêtements en broderie anglaise et des chaussures en feutrine fermées par un petit bouton au dos rond. Ses mains ressemblaient à des moufles et elle ses jambes étaient très fines. Parfois, je la prenais dans mes bras pour valser avec elle sur le disque de Strauss sur la pochette duquel je détaillais la photo d'un bal dans un palais viennois, avec des centaines de belles dames aux chignons soignés et aux bijoux somptueux. Et puis je la reposais dans un coin, sans savoir comment jouer avec elle, sans vraiment la trouver jolie. Elle plaisait à mes amies, sans doute en raison de sa grande taille qui s'approchait de la nôtre. C'est au travers du regard des autres que j'ai découvert la fierté de pouvoir dire que c'était ma grand-mère qui l'avait faite pour moi, qu'elle l'avait créée de toutes pièces... oui, même les petites chaussures et les yeux verts brodés symétriquement. C'est grâce à leurs yeux que j'ai regardé les ouvrages autrement, mesurant autant le travail que ma chance, moi qui n'avais qu'à émettre un souhait, décrire la robe que j'avais rêvée et puis choisir dans les piles de tissus...
En m'appliquant à broder les yeux bleus de la poupée à qui je venais de donner un corps, j'ai pensé à la petite fille qui la découvrirait bientôt, sans réaliser qu'elle tiendrait sous ses doigts juste un peu de jersey de coton et de la laine de mouton qui sent un peu l'animal quand on s'en approche vraiment. Elle ne verrait pas les heures passées à préparer la chevelure et à modeler le visage, cherchant la bonne largeur pour la bouche et la bonne hauteur pour les yeux... Les enfants m'ont demandé si c'était pour eux ou pour moi, visiblement étonnés que je puisse me séparer de ces poupées auxquelles je m'attache en prenant soin d'elles, à ma façon, retouchant un peu l'oeil droit ou en ajoutant quelques mèches de cheveux, recommençant les tresses autant de fois qu'il le faut pour avoir un résultat qui me satisfait. Ils trouvent cela tout naturel mais découvrent aussi cette petite fierté né du regard d'autrui en réalisant que toutes les mamans ne peuvent pas faire ce que les mains de la leur exécutent... Les poupées sont terminées, toutes les deux habillées de neuf. Elles partiront vers les petites mamans qui les attendent, qui ont peut-être choisi les prénoms que j'ignore encore mais que je broderai sur les sacs dans lesquels je les rangerai pour l'envoi. Pour le moment, elles se serrent l'une contre l'autre, se promenant du canapé aux petites chaises en osier et terminant souvent leur promenade sur la pile de tissus coupés en attente, juste derrière ma machine à coudre, surveillant mon travail du coin de l'oeil et me donnant l'occasion de les regarder pour quelques jours encore et de les garder, juste un peu...
En m'appliquant à broder les yeux bleus de la poupée à qui je venais de donner un corps, j'ai pensé à la petite fille qui la découvrirait bientôt, sans réaliser qu'elle tiendrait sous ses doigts juste un peu de jersey de coton et de la laine de mouton qui sent un peu l'animal quand on s'en approche vraiment. Elle ne verrait pas les heures passées à préparer la chevelure et à modeler le visage, cherchant la bonne largeur pour la bouche et la bonne hauteur pour les yeux... Les enfants m'ont demandé si c'était pour eux ou pour moi, visiblement étonnés que je puisse me séparer de ces poupées auxquelles je m'attache en prenant soin d'elles, à ma façon, retouchant un peu l'oeil droit ou en ajoutant quelques mèches de cheveux, recommençant les tresses autant de fois qu'il le faut pour avoir un résultat qui me satisfait. Ils trouvent cela tout naturel mais découvrent aussi cette petite fierté né du regard d'autrui en réalisant que toutes les mamans ne peuvent pas faire ce que les mains de la leur exécutent... Les poupées sont terminées, toutes les deux habillées de neuf. Elles partiront vers les petites mamans qui les attendent, qui ont peut-être choisi les prénoms que j'ignore encore mais que je broderai sur les sacs dans lesquels je les rangerai pour l'envoi. Pour le moment, elles se serrent l'une contre l'autre, se promenant du canapé aux petites chaises en osier et terminant souvent leur promenade sur la pile de tissus coupés en attente, juste derrière ma machine à coudre, surveillant mon travail du coin de l'oeil et me donnant l'occasion de les regarder pour quelques jours encore et de les garder, juste un peu...
mercredi 3 février 2010
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