mardi 11 mai 2010

Pour qui ça ?

Oh ???!!! un post sans importance ??!! Les bras m'en tombent !!



Chers confrères Canalblog et Overblog,


Vous m'avez adressé madame Colchique pour une consultation spécialisée. J'ai diagnostiqué une intoxication sévère aux blogômes (substance étrange produite par la blogosphère) ainsi qu'une allergie fulgurante à toutes manipulations de tissu. Je pense à un syndrome dépressif chronique, fréquent au mois de novembre. La patiente étant aussi sobre qu'un chameau, elle a refusé la cure de grogs que je lui conseillais et semble s'entêter à comater sous sa couette en se gavant de chocolat. Elle a consenti à avaler quelques pilules d'humour (elle a refusé les suppositoires) et doit reprendre rendez-vous dès que le soleil reviendra afin de voir si ce froid de gueux et les 15° affichés dans son salon ont un lien de causalité avec sa neurasthénie misanthropique.
Bien confraternellement.

Docteur Blogspot.








Lin de chez Metexco (adresse dans la colonne de droite),
vendu par un charmant monsieur
à 5 € le mètre...

Pas la peine de prévenir la Reine des Papillons que j'ai copié son logo, c'est pour aile...

Pas de newsletter... je regarde si je peux installer ce truc... sinon, faudra venir une fois par mois !!

mercredi 5 mai 2010

Chirurgie des tissus mous




Les chambres portaient encore les traces du changement de saisons. Il y avait ça et là, des vêtements à ranger, à essayer, à recoudre ou à donner. J'aurais pu, peut-être dû voir l'urgence dans ce désordre qui s'offrait à moi à chaque traversée des chambres des enfants, mais j'avais surtout remarqué une présence qui prenait des allures de rappel à l'ordre, juste à côté de ma boîte à couture. Caramel, l'ours d'Ondine, était là, le ventre béant, disant ces années de bons et loyaux services, et tous ces tendres sévices, aussi, avec un petit doigt enroulé autour de son cou ou creusant machinalement dans ses tissus, agrandissant sans le vouloir l'usure du temps sur les fibres. Elle avait choisi son tissu, le blanc avec les étoiles noires, celui dans lequel je dois lui faire un petit sac et un foulard rien que pour elle. Elle l'imaginait déjà avec sa nouvelle tenue et ses manches blanches, s'endormant sans craindre de l'éventrer davantage et se réveiller sans avoir à remettre les morceaux de bourre évadées du corps fatigué. Tous les jours depuis plusieurs semaines, elle était rentrée de l'école en me demandant si j'avais eu le temps de le recoudre. Je m'étais contentée de quelques sutures dans le tissu usé jusqu'à la trame, sutures qui n'avaient permis qu'un petit sursis bien fragile... Ce matin, j'ai fermé les yeux sur les impératifs, jugeant finalement l'urgence qui m'attendait tout près de mes bobines et ma boîte à boutons. Alors j'ai oublié ce que je me serais forcé à faire à l'autre bout du couloir. J'ai coupé le tissu à étoiles, retaillé un peu le corps fatigué de monsieur doudou, cousu sa nouvelle combinaison, tout en songeant à la surprise qu'aurait la demoiselle en découvrant qu'enfin j'avais entendu ses suppliques, qu'enfin j'avais pris le temps de redonner à son petit compagnon un nouvel habit céleste qui ajouterait sans doute quelques étoiles au ciel de ses rêveries... J'ai repensé à l'allure originelle de cet ours qui a désormais sept ans, lui aussi. Il n'a de ses origines que ce qui arrondit son ventre et donne de la tenue à sa tête, mais il reste lui, Caramel, le compagnon de toujours, le grand consolateur, le petit pont entre l'enfance et le plus tard, mâchouillé de toutes parts, s'imprégnant malgré lui des parfums de la vie, perdu cent fois et toujours retrouvé avec un soulagement sans nom. Je n'avais pas la crainte que sa petite maîtresse soit déçue ou désorientée. Je savais par expérience qu'elle saurait voir dans ce changement, non pas une métamorphose, mais bien une résurrection...

lundi 19 avril 2010

Vol de robes annulé

Raccord ?



Nous aurions dû nous envoler vers un ailleurs plein de soleil... Nous aurions pu faire le vide de cette année trop lourde, oublier les soucis et rêver d'une autre vie, juste pendant 10 jours... Elles auraient dû faire tourner leurs robes légères et marcher nus pieds dans leurs sandales... Tout est annulé et c'est dur à digérer... Avec un peu de chance, il fera beau à Paris et elles pourront au moins goûter au plaisir simple d'étrenner leurs tenues d'été...







Si j'enlève le mur, elle tombe ?



-"Oh, un avion ??!!"

Ahaha ! la bonne blague !

samedi 17 avril 2010

Susanne fait sa première communion

- Salut Colchique, je cherche une robe pour la première communion de J... tu pourrais me faire ça ?
- Euh, oui, je pense... en lin blanc, avec quelques petites roses , ça t'irait ?
- super !
...

- Maman ? c'est pour moi ?
- Ben, euh... non... mais j'ai compris le message....
- Alors, toute blanche hein ? sans broderie, sans fleurs, sans rubans, sans rien, que du blanc !


Allez, zou, le même modèle, à quelques différences près...


vendredi 16 avril 2010

Tuto des fleurs en tissu



Coupez une bande de 3 cm sur 8 cm

Pliez-la en deux et marquez la pliure au fer
pour faciliter la couture et pour que la bande soit nette.



Faites un petit rentré de 5 mm à chaque extrémité
pour qu'une fois la bande retournée, le bord n'apparaisse pas.



Cousez à environ 5 mm du bord au point droit en faisant
une petite marche arrière au début
et à la fin de la piqûre pour qu'elle tienne.


Piquez une épingle à nourrice d'un côté,
rentrez-la dans le "tube" et faites-la glisser
jusqu'à l'ouverture opposée.



Repassez la bande en veillant à ce que les bords du tissu
soient bien sortis et parallèles.


Passez un fil de fronce, régulièrement.

Tirez le fil doucement. Vous obtenez une spirale.

Cousez le fond de la fleur en veillant à ce que
tout le bord soit fixe et le centre bien serré.


Verso

Recto

Vous pouvez faire une petite couture invisible sur le bord libre.

Et voilà ! Vous obtenez des formes différentes en fonction
de la tension de votre fil de fronces.
Vous pou
vez aussi froncer avec la machine.

mercredi 14 avril 2010

Silence, on tourne...




Tendance printemps-été 2010 : le chapeau culotté

Chaque matin, quelle que soit la saison, quelle que soit la couleur du ciel, elle me pose la question, avec l'éternel espoir d'entendre Oui, s'imaginant déjà tourner et marcher en tenant un pan, vérifier d'un petit coup de main que les liens noués dans son dos ne sont pas défaits, cherchant à s'admirer dans le miroir de l'entrée avant d'enfiler son manteau... Elle aime les robes et surtout celles qui me faisaient rêver quand je n'avais que deux petits garçons et que je sentais le désir de froufrous et dentelles défier les lois de la sobriété. Sa grande soeur a peu porté de pantalons et sa garde-robe frôlait le scandale, comptant des tenues de toutes sortes, ornées de croquet, de cols ronds, de manches ballon ou de smocks. J'avais bien conscience qu'elle ne pouvait pas grimper au toboggan aussi facilement que les autres petites filles et que la voir jouer dans le sable avec ses robes à smocks avait un petit air anachronique. Je reconnais avoir joué à la poupée pendant plusieurs années, assortissant toujours les barrettes aux tenues.
Et puis elle est née, cette deuxième petite fille. Et l'envie de froufrous s'est dissipée. Je la trouvais craquante en bloomer et petite guimpe. Je la voulais à l'aise dans ses mouvements aussi bien que dans l'écharpe qui nous liait l'une à l'autre. Longtemps, elle a eu ce petit air gavroche, avec des cheveux qui ne poussaient pas et ses grands yeux noirs. Je la trouvais presque déguisée quand je lui faisais porter une robe qui avait appartenu à son aînée.
Désormais, elle est grande et elle le dit. Ses goûts sont bien affirmés et je les trouve plutôt bons, étonnamment classiques. Elle apprécie les broderies discrètes, les détails raffinés et les couleurs assorties. Mais par-dessus tout, elle aime les robes, celles qui me font moins envie qu'il y a sept ans, quand je tenais dans mes bras ma toute première petite que je voulais tellement fille. Chaque robe portée est soumise au test du tour, celui qui fait gonfler l'étoffe et laisse le vent caresser les jambes, qui donne un petit air de princesse qui valse dans la salle de bal... Elle les appelle ses "robes de fête".
Je ne lui avais rien promis. Elle ne sait rien des robes de sa soeur qui seront siennes cet été et j'entends déjà ses cris de joie en voyant ses rêves se réaliser. Elle pourra même se changer tous les jours pendant près de trois semaines sans jamais porter la même tenue. C'est un peu honteux, mais j'ai toujours su que le temps courait plus vite que les petites jambes des enfants, alors j'en ai profité comme j'ai pu, comme j'ai voulu. Sur une des pages de mon carnet bleu, celui dans lequel je griffonne mes idées, mes pensées et quelques maux, j'avais posé les bretelles croisées sur son dos nu, les fronces et le joli noeud, le croquet blanc tout autour de l'empiècement ainsi qu'au-dessus de l'ourlet. Une vraie robe de petite fille, comme je n'en ai jamais cousu pour la grande, une robe qui servira de modèle à celle qui fera d'elle une demoiselle d'honneur, peu après ses quatre ans au coeur de l'été
Elle avait clairement exprimé sa préférence pour le tissu couleur de framboise, celui avec les petits pois blancs. En coupant les morceaux m'est venue l'idée que c'était peut-être la dernière robe de ce genre que je cousais pour une de mes petites. Je crois que j'y ai mis, plus que d'habitude, cette envie de perfection, de sur mesure. J'ai décidé en silence qu'elle choisirait les petits boutons, que ce pourrait même être les coeurs qui sont dans ma boîte depuis des années et que j'ai gardés, je ne sais pour quelle raison, trouvant toujours une bonne excuse pour les laisser dans leur sachet. A son retour de l'école, les morceaux assemblés et posés sur un des mannequins ressemblaient beaucoup à la toilette de la demoiselle. Avant de bondir de joie, elle s'est assurée que c'était bien pour elle et puis, sans même avoir à essayer, elle a affirmé que c'était bien une robe qui tourne, une robe de fête, une robe qui m'avait fait rêver bien avant elle, du temps où je ne savais pas coudre...